Pratiquement un an après le début de l’épidémie, la rédaction de 34 INFOS a contacté Claudie Greslon, directrice générale des hôpitaux du Bassin de Thau, pour faire un point sur la situation qui semble préoccupante depuis quelques jours.
En effet, depuis plusieurs jours, la situation devient tendue suite à un afflux de patients Covid quotidien, le nombre de cas a été multiplié par 5 en 10 jours.

Un protocole sanitaire particulier a-t-il été mis de nouveau en place au sein des hôpitaux du Bassin de Thau et sous quelle forme?
« Oui, avec le déclenchement du plan blanc de niveau 3 avec passage de 8 à 12 lits de réanimation, la transformation de 3 lits de soins intensifs de cardiologie en surveillance continue Covid, la transformation de 3 lits d’UHCD en médecine pour patients de cardiologie stabilisés, la déprogrammation des chirurgies non urgentes (sauf ambulatoire), le regroupement des 2 unités de chirurgie conventionnelle en une, l’arrêt des formations, le redéploiement des personnels libérés dans les services accueillant des patients Covid«
Quel est le nombre de personnes hospitalisées pour Covid-19 au sein des hôpitaux du bassin de Thau et le nombre de personnes en réanimation ?
« Au mardi 30 mars, nous avons 6 patients en réanimation et 2 en surveillance continue et 26 patients hospitalisés en médecine. Par contre aucun cas répertorié en EHPAD«
Comment expliquez vous ce pic épidémique ?
« Ce pic épidémique est vraisemblablement lié à la présence du variant britannique, car son niveau de contagiosité est bien supérieur à la forme classique »
Au niveau du personnel médical, vos effectifs sont-ils suffisants par rapport à l’afflux et aux traitements des patients ? A quel niveau est la capacité d’accueil ?
» La déprogrammation des chirurgies non urgentes nous permet de transformer des lits et de redéployer les personnels médicaux (anesthésistes-réanimateurs) et para-médicaux (infirmiers, aides-soignants) du bloc opératoire et de chirurgie vers le service de réanimation et les services Covid. »
La directrice nous fait part tout de même de la grande inquiétude exprimée par les médecins suite au flux continu de patients, souvent plus jeunes, arrivant tardivement à l’hôpital et relevant d’emblée de la réanimation. Du coup les durées de séjour sont plus longues en réanimation ; ces 2 éléments conduisant à la saturation des lits et surtout à un épuisement des professionnels de santé qui œuvrent depuis plus d’un an pour la prise en charge de cette épidémie.
