Depuis 3 semaines, le défi quotidien des Hôpitaux du Bassin de Thau est d’accueillir des patients Covid
et non Covid dans leurs lits de médecine et de réanimation mais aussi de faire face à un fort absentéisme grandissant de leurs personnels soignants.

Ce vendredi, on compte 19 patients Covid hospitalisés dans les hôpitaux du bassin de Thau : 6 en réanimation, 5 en médecine et 8 en soins de suite et de réadaptation. A noter que 5 patients suspects sont également hospitalisés, en attente de résultat de test PCR.
La situation s’est légèrement détendue en fin de semaine, mais le service de réanimation a admis mardi dernier 5 patients en moins de 12h, dont 2 sont intubés et ventilés, ce qui accroît fortement la charge en soins.
Plusieurs éléments expliquent ce phénomène de tension sur les lits :
- La concomitance des patients COVID et non COVID, ces derniers étant relativement nombreux du
fait d’un report de soins et d’une aggravation de leur état de santé, avec une moyenne de 90
patients/jour aux urgences, - La reprise de toutes les activités, notamment programmées de consultation et chirurgicales, qui
avaient été arrêtées pendant la phase de confinement, et qu’il est indispensable de maintenir - L’hospitalisation des patients en chambre individuelle dans l’attente du résultat des tests RT-PCR, avec un délai pouvant aller jusqu’à 48 h
- Un bassin de population relativement âgé avec un volume de personnes vulnérables élevé.
A cette tension s’ajoutent un fort absentéisme, voire des démissions du personnel soignant. Le taux d’absentéisme a progressé de 8 à 10 %, imposant une fermeture temporaire de 4 lits de court séjour gériatrique. De nombreux recrutements ont été effectués, mais demeurent insuffisants pour couvrir les besoins de renfort des services directement impactés par l’épidémie : urgences, médecine, réanimation, soins de suite.
« Les professionnels de santé sont épuisés, psychologiquement et physiquement. Il ne suffit pas de les applaudir tous les soirs à 20h, il faut les protéger. Seul un comportement responsable peut y parvenir !« , tient à souligner la direction.

Pour faire face à cette saturation, plusieurs mesures ont été prises :
- Les premières immédiates, en lien avec l’ARS et les établissements publics et privés du bassin de santé (de Montpellier à Béziers). Elles se traduisent par une régulation territoriale et une orientation des patients, notamment de réanimation, vers les structures en capacité de les accueillir.
- Les secondes relèvent d’une organisation interne au sein des différents établissements (Accueil médicalisé de jour du site d’Agde a été fermé, réouverture d’un
double circuit Covid/non-Covid aux urgences de Sète, une mise en place d’un Drive sur rendez-vous, un doublement de la présence médicale les samedis et dimanches en journée…)
De plus depuis ce jeudi, la cellule de crise a validé un plan de montée en charge visant la déprogrammation partielle et progressive des activités les moins urgentes avec un déclenchement du plan blanc et une augmentation du capacitaire de médecine et de réanimation avec redéploiement des professionnels et doublement des gardes médicales.

Si la crise sanitaire devait prendre une plus grande ampleur, l’ARS demandera aux établissements publics et privés de déprogrammer à nouveau toutes les activités programmées. Dans cette hypothèse, les hôpitaux du Bassin de Thau se retrouveraint dans une configuration identique à celle du printemps, avec passage à 17 lits de réanimation (12 Covid-19 et 5 en salle de surveillance post-interventionnelle).
« … Nous reculons l’échéance de jour en jour et espérons ne pas arriver à ce niveau d’organisation qui serait très délétère pour les nombreux patients admis habituellement en période hivernale. Nous ne pouvons que recommander la plus grande prudence et le respect de la distanciation sociale, notamment des personnes les plus vulnérables. Nous invitons également une majorité de personnes à se faire vacciner contre la grippe … », nous précise la direction.

Bonjour,
« un doublement de la présence médicale les samedis et dimanches en journée »
Sauriez vous si cela concerne la totalité des services en lien avec l’accueil des patients ?