Les forains héraultais se sentent exclus de la reprise économique actuelle. Ils dénoncent la fermeture de toutes les fêtes locales et ont l’impression d’être dans le flou au niveau de la loi. Seuls quelques communes ont accepté leur venue cet été…

Toutes les fêtes foraines sont annulées lors des fêtes votives à cause du coronavirus, et c’est la catastrophe pour les forains. Alors que les restaurants et piscines accueillent de nouveau les clients, que les cinémas s’apprêtent à ouvrir dans quelques jours, les forains eux se sentent totalement exclus de cette reprise économique.
« Les maires ne veulent pas nous recevoir pour qu’on trouve des solutions ensemble cependant il y a heureusement quelques maires qui acceptent notre venue comme à Corneilhan, Bessan où Frontignan-la -Peyrade, c’est un exemple à suivre … Dans ces fêtes locales, forains, orchestres, marchands ambulants, artificiers et bien d’autres sont touchés même les bars qui font un quart de leur chiffre d’affaire grâce ces festivités sont impactés, des milliers d’emplois sont sur la touche, tous le monde à des familles à nourrir, il faut que les maires et le préfet comprennent la situation alarmante » nous explique un forain.
Les forains héraultais ne comprennent pas pourquoi les petites et moyennes fêtes sont annulées. Pour Norman Bruch, président de la branche forains du syndicat Cid-Unati, les forains souffrent d’un manque de précision dans la loi : « D’un côté, les rassemblements de moins de 5’000 personnes sont toujours autorisés, de l’autre, les rassemblements de plus de 10 personnes sont interdits sur l’espace public. C’est trop ambigu.«

Le constat est le même pour Thomas Bruch, membre fondateur la branche forains : « Si un maire est d’accord pour faire la fête foraine, il se sert du texte qui l’arrange. Mais le maire qui ne veut pas s’embêter avec tout ça, revendique l’interdiction des rassemblements de plus de dix personnes. Mais nous, nous avons besoin du domaine public ! » Selon les forains, l’activité des fêtes fait partie du domaine professionnel, et ils devraient donc être autorisés à reprendre le travail.
Selon le syndicat, certains forains touchent actuellement des aides de l’Etat, mais ce n’est pas suffisant, notamment pour payer l’assurance des manèges qui coûte parfois très cher, plusieurs milliers d’euros par an.
« Ce qui nous tue en ce moment, c’est de voir qu’un cinéma en zone verte va pouvoir rouvrir à partir du 22 juin, avec des règles d’hygiène, et nous, les forains, on n’a aucune perspective. Pourtant, on a établi un protocole sanitaire, on a fait plusieurs propositions, mais on en est au même point. Nous n’avons pas de perspective« , regrette Thomas Bruch.
Si aucune décision n’est prise, certains forains menacent même d’installer leurs manèges, même sans autorisation, biensur ce n’est pas leurs souhaits mais l’impasse semble être profonde.
