CHU : Une opération guidée par un robot, une première mondiale.

Le Professeur Boris Guiu et ses équipes du CHU de Montpellier ont pu traiter avec succès, le dernier, un patient de 56 ans atteint d’une tumeur du foie avec le robot médical de Quantum Surgical, une première mondiale.

Quantum Surgical, entreprise innovante fondée en 2017, a développé son robot en un temps record grâce à une équipe pluridisciplinaire créative et expérimentée.

Illustration – DR

Ce dispositif, qui combine robotique et analyse d’image, assiste le praticien pour la mise en œuvre de traitements oncologiques plus sûrs, plus efficaces et moins invasifs.

Grace au dispositif de Quantum Surgical, le Professeur Guiu du CHU de Montpellier a pu planifier l’intervention sur les images 3D du patient, puis réaliser le geste avec précision, guidé par le robot.

Cette première mondiale a été effectuée dans le cadre d’un essai clinique mené dans trois établissements de santé français.

« Ce 1er traitement par thermoablation avec assistance robotique a permis de détruire la tumeur en totalité avec une excellente marge. Nous n’aurions pas pu faire mieux. Le patient va très bien. Il est rentré à domicile dès le lendemain pour reprendre une vie normale », annonce le Professeur Boris Guiu, chef du département de radiologie diagnostique et interventionnelle de St Eloi (CHU de Montpellier)

« Au travers de cette première mondiale, Quantum Surgical marque de son empreinte le secteur de la robotique médicale et conforte son ambition », déclare Bertin Nahum, Président fondateur de Quantum Surgical.

Les tumeurs du foie

On distingue deux types de tumeurs du foie : les tumeurs dites primitives et les métastases hépatiques. Les tumeurs primitives naissent directement dans le foie : on parle alors de cancer primitif du foie. Celui-ci se développe en général à partir d’une cirrhose, dont l’origine peut être l’alcool, les hépatites virales (B ou C) ou encore le diabète et l’obésité. Les métastases hépatiques sont en fait des métastases provenant d’autres organes (par exemple métastase hépatique d’un cancer du sein ou du colon).

A l’échelle mondiale, les cancers primitifs du foie représente le 6ème cancer le plus fréquent, et le 3ème le plus mortel. Avec l’augmentation de l’incidence du diabète et de l’obésité dans notre pays, le cancer du foie, qui touche actuellement plus de 8000 personnes par an en France, concernera un nombre croissant de patients dans les années à venir.

Les métastases hépatiques d’autres cancers (colon, sein, etc..) sont encore plus fréquentes car les cellules cancéreuses qui peuvent circuler dans les vaisseaux sanguin s’arrête souvent dans le foie qui agit comme un filtre.

Le traitement de base des tumeurs du foie

Depuis quelques années, les radiologues interventionnels ont développé des techniques permettant de détruire par la chaleur les tumeurs du foie : c’est la thermo-ablation percutanée par radiofréquence ou par micro-onde. Sous guidage de l’imagerie, le radiologue interventionnel introduit l’aiguille précisément au centre de la tumeur et fait passer un courant électrique qui va générer de la chaleur au bout de l’aiguille, et ainsi détruire la tumeur en la brûlant. Cette intervention, réalisée durant une courte anesthésie générale, nécessite une hospitalisation de 24 heures et permet de reprendre une activité normale dès le lendemain de l’intervention.

Ces techniques dites « mini-invasives » peuvent dans certains cas, remplacer la chirurgie. En particulier, lorsque la tumeur est de taille <3-5cm, la thermo-ablation percutanée est aussi efficace que la chirurgie mais présente beaucoup moins de risques pour le patient.

Ces techniques ne sont pas en compétition, elles peuvent également s’associer à la chirurgie lorsque le patient souffre de plusieurs tumeurs du foie, le chirurgien enlevant une partie du foie et le radiologue interventionnel détruisant les tumeurs résiduelles dans la partie du foie non opérée.

Ces techniques se développent de plus en plus en France, en Europe et dans le monde. Pour les mettre en œuvre, les établissements doivent posséder un plateau technique d’imagerie dédié, souvent lourd et complexe, et disposer d’équipes médicales et paramédicales entrainées. Les interventions sont réalisées « à la main » par l’opérateur sous guidage de l’imagerie (échographie, scanner, angiographie seuls ou combinés).

Le développement de la robotique dans ce domaine, en assistant l’opérateur, peut permettre de diffuser ces techniques à un plus grand nombre d’établissements et donc de patients, ce qui est un enjeu important de santé publique. Pour les centres experts comme le CHU de Montpellier, la robotique est aussi une opportunité pour faciliter et fiabiliser des procédures très complexes, et repousser encore plus les limites de cette technique.

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