CORONAVIRUS : L’Hérault, déconfinement progressif ou pas?

Les héraultais se posent déjà la question, l’Hérault fera-t-il parti des départements dits « verts » le 11 mai. De nombreux critères vont rentrer en compte…

Illustration – DR

En effet, pour le moment, trois ensembles de critères ont été définis par Santé Publique France et par la Direction Générale de la Santé afin d’identifier un déconfinement plus strict dans certains départements ou au contraire plus alléger.

Le R0

C’est d’abord le plus évident des signaux qui sera pris en compte : le nombre de personnes nouvellement diagnostiquées chaque jour dans un même département.

Si un nombre croissant de personnes et contaminé chaque jour, cela signifie que chaque personne infectée contamine à son tour plus d’un individu.

Dans son discours, Édouard Philippe mentionnait la barre des 3000 nouveaux cas quotidiens à ne pas franchir à l’horizon du 11 mai, afin de ne pas remettre en question les dates et la stratégie du déconfinement. Un chiffre en ligne avec le R0 (indice de reproduction du virus) national actuel d’environ 0,5; il était à plus de 3 avant le confinement. La maladie est par conséquent, en France, moins transmise jour après jour. Pour être “vert”, donc partiellement déconfiné, un département devra s’inscrire dans cette tendance; cela signifierait sinon ouvrir les frontières d’un nouveau foyer épidémique.

La surcharge hospitalière

Le second indicateur concerne les cas graves en particulier, et la pression qu’ils exercent sur les maillages hospitaliers locaux. Depuis le début de l’épidémie, la question du nombre de lits disponibles pour les malades du Covid, et tout spécialement dans les services de réanimation, est l’une des préoccupations majeures du gouvernement comme de l’opposition.

Sur ce point plus encore qu’avec les autres indicateurs, les départements ne sont pas sur la même ligne de départ, y compris à l’intérieur d’une même région.

L’indispensable traçage  

Le dernier critère pris en compte est sans doute le plus difficile à estimer jusqu’au jour J: ce qu’Édouard Philippe a décrit comme comme le “système local de tests et de détection” est encore en phase de mise en place. Il s’agit bien sûr de s’assurer que les tests promis seront disponibles sur le département.

La partie traçage des contacts est une machinerie à mettre en place dont le Premier ministre n’a pour l’instant qu’esquissé des contours, mais plusieurs milliers de personnes devraient dans les mois qui viennent faire un travail d’enquête sur chaque individu nouvellement infecté. Objectif : retrouver toutes les personnes avec qui il a pu être contact, en leur transmettant éventuellement le virus… faisant alors remonter le fameux et redoutable R0 évoqué plus haut. 

À travers ces trois indicateurs se lit donc la volonté de couvrir tous les aspects de l’épidémie, y compris ceux qui ont pris de cours le gouvernement lorsque l’épidémie s’est déclarée en France : un nombre de cas maîtrisé localement, des services hospitaliers prêts à faire face à un nouvel afflux de malades, et une organisation en place pour les mois à venir. 

Derrière ces précautions qui décideront de la couleur de notre département, il y a bien sûr la peur de la “deuxième vague”. Si le déconfinement n’était pas maîtrisé, les prophéties d’une nouvelle envolée du nombre de cas risquent en effet se confirmer, un scénario du pire que le gouvernement veut à tout prix éviter.

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