L’impressionnante descente d’une quarantaine de policiers du service central des courses et jeux (SCCJ), ce dimanche 11 mars, dans les salons feutrés du casino 3.14 à Cannes (Alpes-Maritimes) pourrait avoir de lourdes conséquences pour le groupe Partouche, exploitant des lieux. Quatre personnes interpellées ce week-end et soupçonnées d’avoir mis sur pied des parties de poker au cours desquelles le montant joué était très supérieur au montant officiellement déclaré ont été mises en examen, ce lundi 12 mars, pour des faits de « blanchiment de fraude fiscale » et d’« abus de biens sociaux ».
Deux dirigeants du casino Partouche de Cannes (Alpes-Maritimes) ont été mis en examen dans la nuit de lundi à mardi pour abus de biens sociaux, dans une affaire impliquant des dissimulations de mises de poker, a annoncé mardi 13 mars le procureur de la République de Marseille, Xavier Tarabeux.

Le président du « 3-14 », également à la tête du casino de La Grande Motte, a été placé sous contrôle judiciaire, assorti d’une interdiction de diriger ou de gérer l’établissement de jeux, et devra verser une caution de 30.000 euros. Par contre, les faits présumés dans l’enquête ne concerneraient pas le Pasino de la Grande-Motte.
Le directeur général du casino cannois, que le groupe Partouche a relancé en juin 2017 après un déménagement de la plage du Palm Beach au centre-ville, a été également placé sous contrôle judiciaire, assorti des mêmes conditions.
Deux joueurs ont été mis en examen pour complicité et recel d’abus de biens sociaux, et placés sous contrôle judiciaire avec interdiction de paraître dans des casinos et des cercles de jeux, avec obligation de verser des cautions de 20.000 et 4.000 euros respectivement.
Deux autres personnes, placées en garde à vue, sont ressorties libres du bureau du magistrat marseillais de la juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) en charge de l’enquête qui ne concerne que l’établissement cannois du groupe Partouche.
Le groupe, dont le cours de Bourse a dévissé de 15% lundi après l’annonce des gardes à vue, a assuré mardi, avant l’ouverture des marchés, être « en conformité avec la loi et tout particulièrement en matière de réglementation des jeux et de lutte contre le blanchiment ».
La société, se disant « affectée par un battage médiatique sans commune mesure avec les premiers résultats de la procédure », a aussi souligné que les faits « auraient été commis au préjudice du seul casino de Cannes ».
